Mode circulaire : location et seconde main transforment peu à peu nos dressings
Nos armoires débordent, et pourtant nous avons toujours l’impression de n’avoir rien à porter. Face à ce paradoxe, un nouveau modèle de consommation s’installe durablement dans le quotidien des Français : la mode circulaire. Entre location et seconde main, les habitudes changent, portées par une prise de conscience écologique et par des solutions numériques toujours plus accessibles.
Ce qu’il faut retenir
- La mode circulaire, combinant location et seconde main, transforme durablement les habitudes de consommation des Français face à l’accumulation textile.
- Le marché de la location de vêtements entre particuliers, porté par des plateformes comme Tissé, offre une alternative économique pour accéder à des pièces de luxe de manière ponctuelle.
- La seconde main est devenue un pilier majeur du marché de l’habillement, remplaçant de plus en plus les achats neufs avec des plateformes comme Vinted.
- L’adoption de ces pratiques circulaires est une réponse nécessaire à l’impact environnemental critique de l’industrie textile, responsable de 10 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre.
- La pérennité économique du secteur de la mode dépend désormais de sa capacité à réduire le gaspillage et à favoriser des modèles durables pour éviter une chute drastique des profits d’ici 2040.
- La réglementation européenne, notamment la loi AGEC, impose des mesures strictes pour la gestion des déchets textiles afin de pallier le faible taux actuel de recyclage.
La location de vêtements, une alternative qui révolutionne notre façon de consommer la mode
Louer plutôt qu’acheter : l’idée séduit de plus en plus, même si elle reste encore marginale puisque seuls 13% des Français utilisent aujourd’hui des services de location de vêtements. Ce chiffre pourrait toutefois grimper rapidement, le marché de la location en ligne affichant une croissance annuelle attendue de 10,60% entre 2022 et 2029. C’est justement dans cette dynamique que s’inscrit l’application Tissé, qui permet de louer et de prêter des vêtements et accessoires entre particuliers, avec plus de 1 000 pièces disponibles signées Maje, ba&sh, Sézane, Lanvin ou encore Moncler.

Les plateformes de location entre particuliers gagnent du terrain
Ce qui distingue ces nouvelles plateformes, c’est leur ancrage dans l’économie collaborative. Plutôt que de passer par une enseigne, l’utilisatrice loue directement à une autre particulière, créant un lien de confiance renforcé par des systèmes de paiement sécurisé. Sur Tissé, les transactions passent ainsi par Stripe, avec une caution appliquée à chaque pièce louée, gage de sérénité pour les deux parties. L’application, notée 5/5 sur l’App Store et suivie par plus de 10 000 utilisatrices, couvre de nombreuses grandes villes françaises comme Paris, Lyon, Bordeaux ou Marseille, avec au choix une remise en main propre ou une livraison en point relais.
Des économies substantielles pour un dressing renouvelé en permanence
Concrètement, louer une robe de créateur pour un mariage ou un after work coûte bien moins cher que de l’acheter neuve. Les tarifs démarrent à partir de 30€, et une robe ba&sh peut par exemple être louée 60€ pour quatre jours, soit 15€ par jour, un tarif qui diminue encore lorsque la durée de location s’allonge. Il est même possible de louer des sacs à main de grandes maisons comme Louis Vuitton ou Chanel, habituellement inaccessibles pour un usage occasionnel. Une inscription à la newsletter permet en outre de bénéficier de 5€ offerts sur la première location, un petit coup de pouce pour tester ce nouveau mode de consommation. Sur le plan environnemental, la comparaison reste nuancée : la location d’un vêtement génère environ 40 kg de CO2, contre 35 kg pour sa production classique, ce qui invite à privilégier les locations longues et répétées pour véritablement réduire son empreinte carbone.
La seconde main s’impose comme pilier de la consommation responsable

Au-delà de la location, c’est bien la seconde main qui structure aujourd’hui la transformation du secteur. En France, ce marché représente déjà 7 milliards d’euros, et 74% des acheteurs en ligne vérifient désormais la disponibilité d’un article en occasion avant de se tourner vers le neuf. D’ici 2025, la seconde main devrait représenter près de 20% des volumes d’achat d’habillement, un basculement majeur pour une industrie textile confrontée à un marché en recul de 1,3%.
L’échange de vêtements entre particuliers crée une nouvelle dynamique sociale
Vinted s’est imposé comme la première plateforme en volume d’achats d’habillement en France, devançant des enseignes comme Kiabi ou Amazon, avec un prix moyen d’achat autour de 13 euros, nettement inférieur aux circuits traditionnels. Le taux de substitution du neuf par l’occasion atteindrait même jusqu’à 65% selon une étude récente, preuve que l’achat de seconde main ne vient plus seulement compléter un dressing, mais remplace véritablement de nombreux achats neufs. Kiabi elle-même a su tirer parti de cette tendance, affichant une croissance de 8% de son chiffre d’affaires grâce, en partie, à l’intégration de la seconde main dans son offre.

Impact environnemental positif et réduction du gaspillage textile
Ce basculement vers l’économie circulaire répond à une urgence chiffrée : l’industrie textile émet 10% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, tandis que 4 millions de tonnes de textiles sont jetées chaque année en Europe. Or seuls 12% des 2,6 milliards d’articles vendus chaque année en France sont recyclés, et le textile recyclé ne représente qu’environ 1% des matières utilisées dans la production de vêtements neufs. Face à ces constats, la loi AGEC impose une collecte séparée des déchets textiles d’ici 2025 dans l’ensemble de l’Union Européenne. Les experts alertent d’ailleurs sur les conséquences économiques d’une inaction : les profits de l’industrie de la mode pourraient chuter de 34% d’ici 2030, et jusqu’à 70% d’ici 2040, si la fast fashion et l’obsolescence programmée ne laissent pas davantage de place à des pratiques durables comme la location et la seconde main.







